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28/06/2007

Relache sur une poesie scaldique

Vers l' ouest j' allai par la mer

Portant la mer du rivage

Du desir de Vidrir

Celle qui est a mon gre.

Je mis a flot le chene

A la fonte des glaces,

Je chargeai de louanges

Le vaisseau de mon ame.

Ceci est une poesie d' un scalde Viking qui raconte les aventures d' Egill, fils de Grimr le Chauve, un sacre viking vers l' an 1000 qui faisait des aller-retours entre la Norvege et l' Islande, et pas mal de degats dans les populations quand il se mettait en colere. Mais donc il ecrivait aussi des poemes, ce grand viking moustachu!

Les petits Islandais apprennent a l' ecole cette Saga, dans le texte Viking, car les  Islandais parlent une langue presque inchangee de l' an 1000 date a lquelle ils arriverent de Norvege. 

 Voila moi aussi je pars vers l' Ouest (en Bretagne) en vacances pour 3 semaines. Je vais mettre a flot le chene (image pour le bateau viking). A bientot sur ce blog.

12/02/2007

Petit Louis

medium_PLACE.jpg 

Christine appelle. C'est l'heure d'aller se promener. Anne-Marie et moi, on serait bien restés à jouer dans la cabane, mais aujourd'hui on va faire le tour de Chateaulin, et c'est la promenade qu'on préfère . On sort sur la place, Christine a le panier du gouter. Pendant que Grand'Mère ferme la porte à clé, j'ai couru sous le gros arbre de la place, celui qui a son tronc tout déchiré avec un grand trou. J'ai peur d'y mettre la main, l'écorce est toute torturée autour. Soudain un bruit derrière moi, je me retourne, c'est Petit Louis, allongé sur le banc et qui grogne. Je cours à côté de Grand'Mère, et je prends un air de regarder la vitrine du droguiste. Mais j'ai bien vu son visage tout rouge et plein de poils raides, noirs et blancs. Il avait son manteau noir très épais et des grosses chaussures qui montent, et une bouteille de vin par terre à coté du banc.

 

On part vers Chateaulin et c'est loin, il faut sortir du bourg d'abord et il y a encore des voitures. A Tachentouz, il y a une vieille maison, le cabaret chuchote Grand'Mère et on passe vite. On prend la petite route de Chateaulin qui tourne et il n'y a plus de voiture.

On part dans un champ d'herbe, on fait attention aux grosses bouses marrons et grises, et on s'assied sous un arbre, pour le gouter.

Je demande où il dort la nuit, Petit-Louis. Christine répond que c'est un bon à rien et qu'il n'a pas de maison. Mais où il dort alors, je demande. Christine monte un peu le ton, il n'a qu'à travailler et il aura une maison, ce fainéant. Grand'Mère ne dit rien.

Quand on rentre on est fatigués. Christine prépare la soupe puis rentre dans sa petite maison, au bout du jardin. Le soir elle ne dîne pas avec nous. Christine, elle n'a jamais eu de mari, ni d'enfants. C'est peut-être pour cela qu'elle est si gentille et si douce toujours avec nous. Elle est presque aussi vieille que Grand'Mère et elle a travaillé dur. Mais elle n' a pas beaucoup de sous. Elle est toujours habillée pareil avec une blouse grise, et elle a des bas épais tout noirs avec une grosse couture derrière. Un jour je lui ai demandé pourquoi elle n'avait pas de jolie bas clairs comme Maman où on voit la jambe à travers, elle a dit qu'elle était vieille et quelle avait des varices et que ce n'était pas pour elle, ces bas chers et fragiles.

***

Papa et Maman sont arrivés hier et ils vont rester 2 semaines. On va aller à la plage en voiture et on aura moins le temps de faire des cabanes. Et puis les repas sont plus longs, on les prend dans la salle à manger, où les chaises en cané font mal et je ressors avec le dessin du cané imprimé derrière les cuisses.

Ce matin, la toilette a été plus longue car Maman a bien regardé, et puis j'ai changé de culotte. Ensuite on est parti avec Papa chez le boulanger. Il connaît plein de monde dans la rue et c'est très long. Chez le boulanger on a pris une baguette parce que Maman est là, et aussi un gros pain comme d'habitude. On est revenu par la place et on est passé à côté du banc. Petit Louis y était encore, assis cette fois-ci. Et Papa lui a dit "Bonjour Petit Louis". Et l'autre a répondu "Bonjour François". Papa m'a alors dit de rentrer à la maison, et lui il est resté là. Moi, je suis rentré et je les ai regardés ensuite par la fenêtre et j'ai crié à Christine, "Papa, il parle avec Petit Louis". Christine a semblé en colère et a dit qu'il ferait mieux de ne pas causer à ce fainéant. Et moi je n'en revenais pas de voir Papa, l'ingénieur bien habillé, parler avec le clochard de la place, tout sale et qu'ils aient des choses à se dire car cela durait.

Quand il est rentré j'ai demandé à Papa comment il connaissait Petit Louis, Christine grommelait toujours et Grand'Mère écoutait sans rien dire, et Papa n'a pas répondu.

Le soir Papa est venu dans ma chambre, et m'a dit qu'il connaissait Petit Louis depuis longtemps, qu'il n'avait pas toujours été un clochard, et que c'était le frère de Christine mais qu'elle ne lui parlait plus depuis qu'il avait arrêté de travailler.

Ce soir là, avant de m'endormir je suis allé regarder Anne-Marie qui dormait dans son lit.

***

Cette année il n'y avait plus personne sur le banc, Petit Louis est mort cet hiver. Grand'Mère m'a dit que sa tombe avait couté cher à Christine. Je suis allé voir l'arbre tout torturé sur la place à côté du banc, j'ai mis ma main dans le trou, c'était tout sec.