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17/06/2007

Un soir d'ete a Delft

Il est quelque chose de charmant á observer en ces soirs d’été aux Pays-Bas. C’est  l’ habitude qu’ont les Néerlandais de prendre le frais sur un banc qu’ils placent devant leur maison, presque sur la rue. A Amsterdam, ils s’installent sur leur perron, en haut des quelques marches qui donnent fiere allure a leur maison, sur le Keizers ou  le Prinsengracht. Monsieur et Madame y sirotent un verre de vin le soir en regardant passer les embarcations qui animent les canaux en été. Ou alors dans le quartier plus modeste du Pijp, des étudiants sortent carrément leur canapé et une ou deux plantes vertes sur le trottoir, et improvisent lá un joli diner-pique-nique.

Dans ma jolie banlieue de Rotterdam, c’est toute la famille qui quelquefois s’installe dans le petit jardin du devant. Lorsque l’on se promene au soir dans la rue, le port de tete doit se faire encore plus droit,  vers le lointain, pour ne pas empiéter sur le territoire des voisins. Ce n’est plus l’intérieur des maisons que l’on observe du coin de l’oeil, sans tourner la tete, mais tout cette petite animation du jardin…

A Delft ou Leyden, les maisons sont tres proches du bord du canal, il n’y a presque pas de trottoir, juste une rue á bicyclettes, mais les gens y attachent avec une chaine un petit banc de bois et viennent aussi y profiter du soir, souvent á lire de gros livres savants, car nous sommes la dans des villes universitaires.

J’ai découvert l’autre jour sur le tableau de Vermeer, “la Ruelle” que ce n’était pas nouveau cette habitude a Delft.

Regardez, de chaque coté de la porte de la maison, il y a déja ce banc, en 1657. Si la dame á bonnet blanc ne s’y est pas assise mais est restee dans l' embrasure de la porte, c’est qu’elle travaille á son ouvrage, que l’heure n’est pas encore au repos. Si vous regardez bien, vous verrez que le banc vient en retour vers la rue, et meme que l’on peut s’attabler sur celui de la maison de gauche. On entre lá dans une autre dimension Batave, celle de la “gezelligheid” dont je vous parlerai une autre fois…

03/06/2007

Au Commencement

Au commencement, souvenez vous, Dieu créa le ciel et la terre, le soleil et les astres, les bestioles et les végétaux, les eaux qu’Il separa de la terre, l’homme…

Il y eut pourtant un Lieu, non ce terme lá est trop impropre, un Endroit peut-etre, oú l’histoire commença plus mal. Disons que c’était un Envers, un envers d’eau et de terre mélangées, de vents froids et de sombres cieux. L’homme tombé lá ne connut jamais le paradis terrestre, ni le 7eme jour. Il ne survécut dans ces marais de boue qu’en construisant des digues et en repoussant inlassablement l’eau pour avoir un peu de sec. Apres des siecles de combats les pieds dans la boue, apres avoir érigé des digues formidables et inventé des pompes utilisant la force du vent, , il eut un peu de temps, bien qu’encore sous la menace permanente des eaux. Il regarda sous ses pieds et y trouva la terre, et il donna alors enfin un nom á ce lieu, á cette endroit: Nederland, la terre du bas, la terre "modeste".

Mais Dieu n’avait guere été généreux non plus sur les bestioles et les végétaux. Les végétations lagunaires ne nourissent guere, quant á la chasse il n’y avait lá que des insectes, quelques oiseaux criards quelques poissons efflanqués. Qu’á cela ne tienne, sur ses nouvelles terres le Néerlandais se mit á élever des vaches et des moutons, et avec tant de succes qu’ils devinrent en nombre bien plus grand que les hommes. La terre se transforma en polders verts, en immenses prairies á brouter. Et le Neerlandais ameliora son ordinaire et prit de nouvelles forces: lait et viandes, plus les poissons efflanqués qui s’avererent délicieux , et qu’il nomma anguilles. Alors le Neerlandais partit á la conquete du reste du Monde, lá oú Dieu avait été plus généreux.

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Plus tard l’homme voulut aussi faire pousser des fruits et des les légumes comme ceux que les marins de la Compagnie des Indes Orientales avaient goutés dans les contrées lointaines. Et des fleurs multi-colores aussi pour offrir á leurs femmes et parer leurs maisons, comme celles qu’ils avaient vues en Turquie. Alors il construisit des serres, sur des milliers d’hectares pour proteger ces cultures des vents et des pluies.

Mais le soleil n’était guere ardent non plus dans les ciels du Nord, car les nuages constituent des montagnes bien plus ombrageuses que dans n’importe quelle vallées des Alpes. Alors les Néerlandais finirent par inventer meme le soleil: c’est lui que vous voyez lorsqu’aujourd’hui vous atterrissez le soir á Schiphol, il s’appelle Phillips et il éclaire les serres de tomates, de salades et de tulipes.

Il y eut enfin un Septieme Jour. Les Neerlandais avaient tellement travaillé pendant des siecles et sans s’arreter, qu’ils allerent simplement dormir , en revenant de l’Office ou de la Messe ou ils avaient  rendu grace a Dieu pour on ne sait trop quoi. On en est la de l' histoire: il n’y a rien á faire le Dimanche aux Pays-Bas, si ce n’est que de rever á l’histoire d’un rien devenu un Pays.