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13/01/2008

Avant d' écrire

Avant  d’écrire, il y a toujours la même question: sera-ce une histoire “je” ou une histoire “il”?

On peut ruser, essayer de tromper son monde et commencer par parler de généralités mais il faudra bien choisir: par  exemple cette histoire-ci semble partie impersonnelle, mais le “je” n’est que piètrement voilé, il va se révéler à  la troisieme phrase….

Comme tous les amateurs je, donc, suis plus à l’aise dans le “je”. Il me semble aussi que c’est plus contemporain, plus crédible.

J’imagine que dans les facs de lettres, dans les cours d’écriture on apprend pourtant  à écrire encore l’impersonnel. Un peu d’imparfait pour poser la scène, décrire le personnage. Un soupçon  de plus-que-parfait éventuellement pour résumer son passé, cela ne fait pas vraiment partie de l’histoire, et hop on enchaine  sur le passé simple: le roman commence. Il me semble que c’est comme cela dans Balzac, Flaubert ou Dostoievki, non?

Il doit y avoir des avantages, on peut changer le personnage que l’on suit à  chaque chapitre, et décrire ses sentiments comme si l’on se glissait dans sa peau. On peut en tuer quelques uns, même ceux dont on a suivi les sentiments de près, et regarder les autres réagir a cette mort, cela reste crédible. Le romancier est un petit démiurge, un manipulateur de marionnettes qu’il anime de l’intérieur les unes apres les autres.

Mais je n en suis pas la, alors la plupart du temps, j'utilise le "je" et le présent, comme si j écrivais dans mon journal. En plus il me semble que même chez les pros,  on écrit de plus en plus comme cela. Bien sur, cela doit être depuis Proust  que l' on fait tourner le monde autour de son nombril.

Le sommet du réalisme, du crédible c' est l' échange de lettres avec de grands exemples: "Les liaisons dangereuses" , "Inconnu à  cette adresse", mais ce truc-la limite le champ des histoires que l'on peut raconter!  Il y a aussi la technique du récit enchassé comme dans beaucoup de nouvelles de Zweig, du genre  "l'  autre soir je me promenais et j ai rencontré un drole de  bonhomme qui m a raconté son histoire, "je m appelle Amok, m-a t il dit, et voici mon histoire…" ,  ".

Mais on peut aussi laisser tomber tous ces guillemets et directement se travestir par les mots et raconter en  "je"  n' importe quel personnage.

Tiens,  la phrase précédente est encore  à l impersonnel comme pour me protéger, mais je vais vous faire mon coming out: je me suis essayé en fille dans ce blog, dans Geographie / Nord-Sud et me suis retrouvé assez  à  l aise en séductrice en string…  Il faut juste penser à  rassurer les lecteursconnus les  amis et la famille pour dire que cela ne porte pas à  conséquence! C est fait.

Voila la question que l' on se pose… avant d écrire.
 



 

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