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28/10/2007

Les arêtes de poissons

Il n’y a que des poissons plats en Mer du Nord, on ne vend que de la raie, de la limande et de la sole à la criée de Scheveningen, de bons poissons au demeurant, à frire de préférence. Délicieux donc, et il reste de belles arêtes bien rangées dans l’assiette. 

Et bien,  il y a d’autres arêtes aux Pays-Bas que celle des poissons plats, elles sont dessinées dans les paysages vus d’avion par les contours des propriétés. Laissez moi vous décrire cela, c’est la cogitation du jour.

Google Earth me permet de partager avec  vous la partie expérimentale de l’ histoire: survolons 3 endroits des Pays-Bas, 3 endroits qui se reproduisent à l' infini et dans presque toutes les provinces, 3 topologies en arêtes de poissons!

Le polder d’abord. Les fermes sont acotées à la digue qui borde le canal principal, l’ habitation donnant sur la digue, les granges et étables sont en contre-bas, reliées  à la maison quelquefois par un passage plus étroit, que l’on appelle “le cou de la ferme”. Les paturages, sont de longues et étroites bandes qui partent dans le  polder. Si étroites que la ferme voisine est toute proche et que lorsque l’on se promène sur la digue on voit une succession de jolies maisons  bien décorées et fières de leur petit raccordement à la route en surplomb du polder. On dirait de gros animaux venant tous brouter dans l’auge vitale,  cela peut aussi évoquer une arête de poisson...

 Amsterdam ensuite, le Keysersgracht oú j’ai habité 3 ans. Les maisons donnent fièrement sur le canal de l’Empereur  mais le mètre de façade devait être hors de prix au Siècle d’Or car les maisons sont étroites. Il y a en revanche une grande profondeur de terrain et de longs jardins derrière que les touristes ne soupçonnent pas quand ils passent sur le canal majestueux mais sévère. Il en résulte lá encore des maisons étroites, à façades contigües et que l’on a agrandies vers l’arrière au cours des siècles, quand on avait besoin de plus de place, au dépend du jardin et de la lumière. Si vous êtes touriste à Amsterdam et n’êtes pas encore convaincu, allez  visiter le musée van Loon pour voir les jolis  jardins cachés derrière les maisons des riches marchands.

 Les quartiers résidentiels enfin, Hillegesberg par exemple, à Rotterdam oú j’habite maintenant reproduisent aussi le schéma. On y voit des rangées de maison bien alignées á touche-touche encore. Il y a même une subtile hiérarchie dans la rangée: les 2 hoekhuizen (maisons du bout) ont un plus grand jardin et qui fait le tour de la maison alors que je suis obligé de passer par  ma modeste  tussenhuis (maison entre les autres) avec mes outils de jardins et mes chaussures terreuses pour aller du petit jardin de derrière au minuscule jardin de devant. Mon lopin consitue une bande étroite encore, mais avec un accès direct au canal et à la rue devant. L’arrière est plus intime, plus fouilli aussi espace d’un peu de liberté, encore plus tranquille.

Cette organisation de l’ habitat en arêtes de poisson  vient de l’eau bien sûr. Dans le polder il était prudent d'habiter le long de la digue pour se refugier en cas d’inondations  suite á la  ruptures d’une  digue ou á l’arret des moulins-pompes. Habiter au fond du ploder était réservé aux tres pauvres, c’était malsain et dangereux. Pour les canaux d’Amsterdam c’était sans doute déjà moins la sécurité que le statut, il fallait habiter sur un canal, on pouvait ainsi faire accoster la barge venue du port et des vaisseaux de la Compagnie des Indes, ou alors la barque des visiteurs.  Et les urbanistes d’après-Guerre n’ont rien inventé de plus en traçant au cordeau les nouveaux quartiers.

Quelque chose de drôle encore dans le même registre, ce sont les petits immeubles de 3 ou 4 étages oú chaque appartement doit avoir sa porte séparée d’accès à la rue. Cela donne de droles d’escalier qui montrent très raides juste derrière la porte mais apparemment c’est une question importante de statut!

Finalement quand on y pense tout cela révèle le côté très social de la Hollande, par nécéssité! Une société ou tous dépendent de la digue, construite et maintenue en commun. Chacun veut donc pouvoir facilement y accéder et tout se trouve construit en arêtes de poisson autour de cette colonne vertébrale vitale. Jared Diamond dans la conclusion de son livre “Collapse” donne comme exemple cette socíété Néerlandaise, le seul modèle selon lui pour faire face à tous les défis écologiques de notre terre. Tous sur Terre, les uns à coté des autres à entretenir notre digue vitale, ensemble? Un rêve….

 

12/10/2007

Passagieto

 

“Il a passé” comme on dit dans Maupassant. Avez vous déjà pensé à ce mot lá, “passer”?

Eau                                                                                                                                                        b8246a4c7e42c5d127e8f21b9eaf18aa.jpg

On passe le Styx, l’eau d’ici vers l’au-dela.

On passe de vie á trépas, Baie des trés passés.

Le Bag Noz, la barque de nuit des légendes bretonnes emportent les âmes des marins perdus vers une île,

Obsêques en Néerlandais se dit  “uitvaart”, navigation ailleurs… passage du hors.

Terre

Je suis sûr que chez les Montagnards on passe aussi,

Le gue, le detroit deviennent col, Pas de l’Oc,  Pass des Anglais,

 Vers une vallée d’ailleurs, un paradis céleste?

On passe d’ici-bas à la-haut, du “c’est fini” a l' infini peut-etre?. 

 

Partir c’est mourir un peu, mourir c’est partir de peu.

 

 

06/10/2007

Analyse

10 jouissances dans la duree...:

- l' accord majeur d' un final de Rossini

- un roman policier

- les tirs au but d' un match de foot

- les huitres (quand on les ouvre soi-meme)

- l' ascension d' une montagne

- les meubles IKEA

- la chasse

- le Sudoku

- la seduction

- ecrire, et puis taper sur "enregistrer" a la fin d' une note sur le Blog...