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03/03/2007

La Tunique

J'ai l'impression qu'on voit mes fesses, alors je vérifie que l'espèce de tunique qu'ils m'ont demandé de mettre est bien serrée par derrière. Geste discret, dans l'ascenseur dans lequel on descend tous les trois, non,  cela à l'air d'aller, les 2 pans se recouvrent bien par derrière.  Il y a l'infirmière qui vient de prendre les choses en mains, tout d'un coup après que j'ai attendu 2 heures dans ma chambre. Et puis la jolie brunette. Tiens, elle a aussi une tunique; elle est donc de mon côté. D'ailleurs elle stresse aussi de ce qui passe: elle a l'air  encore plus gênée que moi habillée comme cela.

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On suit un long couloir, mais il y a moins de monde. La tunique est courte et la brunette a de jolies jambes.
L'infirmière nous fait entrer dans une petite salle, il y a 2 brancard à roulettes. On s'allonge chacun sur un, en serrant les jambes pour rester décent. L'infirmière dégage un peu le haut de ma tunique pour me  coller des pastilles sur la poitrine. Je détourne les yeux quand elle  fait ça sur la fille. Elle nous colle chacun une perf, et s'en va en nous disant que cela ne sera pas long.

Il y a du silence.

Je demande à la brunette: "on va vous faire des ultra-sons aussi?".
Oui elle me dit. Elle a l'air contente que j'ai parlé et elle me demande si je sais comment cela se passe.
Je lui dis que non, que c'est la première fois mais que j'ai compris que cela se passait dans  une baignoire. Elle me dit que ce sera peut-être une espèce de jacuzzi où on sera nombreux.

J'avais pas pensé qu'on pourrait être plusieurs.

C'est bien qu'il n'y ait plus de silence, en fait elle est vraiment contente de parler, elle me dit qu'elle a très peur. Elle me raconte des choses, qu'elle a 2 petites filles, qu'elle se fera chouchouter ce soir par son mari en rentrant et pour quelques jours. Elle s'appelle Catherine. C'est drôle, elle est déjà maman mais elle ressemble elle-même à une petite fille, alors je la fais parler, et cela lui fait du bien, elle a un joli rire. On découvre qu'on aime bien chanter tous les 2, elle de la variété dans un orchestre, moi du classique, qu'on habite pas si loin l'un de l'autre. Et tout cela devient sympa, cela reprend du sens d'être là, on a des choses à se dire.

Mais l'infirmière revient. Cela ne doit pas être un jacuzzi, car elle demande qui passe en premier. Je laisse passer Catherine, avec un petit mot d'encouragement.

Il y a du silence.

 En fait il y a aussi des bruits du dehors de la salle. Il y a des pleurs, des hurlements. Bon sang cela fait si mal que cela. Mais cela a l'air d'être un enfant qui demande sa maman. C'est long de ne rien faire et de se demander.

Et puis l'infirmière revient et me pousse mon brancard. On rentre dans une grande salle tout encombrée de matériel. C'est pas du tout un jaccuzzi. Ce sont de gros appareils en métal, genre modernes d'après-guerre,  de couleurs pisseuses. Et il y a la baignoire au milieu, un bac en métal en fait, avec des  instruments  au-dessus sur des bras articulées, comme chez le dentiste.

Ils sont trois. Je reconnais le médecin. Il y a une autre infirmière avec une blouse blanche, et une fille en pantalon en cuir. C'est l'anesthésiste, elle vient me brancher un flacon sur la perf.

L'infirmière me dit d'enlever la tunique. Je me trouve presque tout nu.  C'est pire que tout nu, j'ai une espèce de petit slip en gaze toute transparente qu'ils m'ont donné avec la tunique. A quoi pensent ils donc que peut servir ce truc ridicule, l'anesthésiste me mate.  L'infirmière me passe des courroies en cuir derrière le dos et les jambes. C'est froid. Elle me lève avec un petit treuil électrique, je suis allongé, j'oscille. Soudain je pense à une scène sado-maso. Je suis pendu, nu comme un ver et bloqué dans des sangles en cuir devant les 3 autres. D'ailleurs je suis sûr que l'anesthésiste a mis son pantalon en cuir pour jouer là-dessus. J'ai envie de bander. Mais l'autre me descend dans la baignoire. L'eau est un peu froide et ça casse les fantasmes. Ensuite toute leur machinerie se met en marche. J'ai un peu mal, et je suis leurs instructions. C'est long. Je suis plein de crampes et j'ai froid.

Ils me ramènent dans ma piaule sur le brancard, je me bascule sur le pieu et j'attends. J'ai encore la perf. En fait je trouve que cela va bien et je me demande s'ils vont me laisser bientôt partir. Justement l'infirmière passe. Loupé, je dois rester une partie de l'après-midi, voir s'il n'y a pas de complications. Cela m'ennuie cette affaire. J'ai envie de pisser, alors je me lève et j'emmène ma perf jusqu'au cabinet de toilette. Il y a un peu de sang qui passe dans le tuyau mais cela n'a pas l'air grave. On peut donc se ballader avec ce truc. Alors je décide d'aller voir Catherine. J'ai vaguement repéré sa chambre quand on est descendus. Je sors discrétos quand il n'y a personne dans le couloir, et je tip-tip jusqu'à sa porte. Elle est là couchée et me sourit. J'entre et pose mon porte-manteau à perf à coté de son lit. Je 'm'assois sur son lit. On rit du Jaccuzzi, du tout nu et de la baignoire.

Après j'ai  un peu froid, et elle me fait une petite place sous son drap, chacun avec sa perf d'un côté du pieu. On a ri comme des enfants parce que l'on avait l'impression d'être en colo, tout perdus tous les 2. J'ai senti ses jambes contre les miennes, et je n'ai rien touché d'autre de son corps. L'infirmière nous a fait les gros yeux. C'était bien finalement l'hôpital.



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